La situation migratoire européenne vue par le prisme interculturel

Le clivage européen dans la problématique migratoire expliqué par des facteurs culturels

 

Les politiques migratoires en Europe sont sujets à débats houleux.

Mais peut-on apporter des éléments de réponse à la situation migratoire européenne par le biais d’une analyse interculturelle ? En quoi l’exemplarité de la politique d’accueil de l’Allemagne, ou la réticence de la Hongrie, peuvent s’expliquer par leur culture ?

L’Allemagne, meilleur élève concernant l’accueil des migrants

Le gouvernement allemand se plaint souvent de la passivité et du rejet de ses voisins européens face à la croissance des migrants dans la région. Premier pays d’accueil en Europe, il s’agit d’une société très acceptante. 20% de sa population est étrangère, un pourcentage bien au-dessus de la moyenne européenne de 6,7%. Les immigrés allemands sont majoritairement Turques, Polonais et Russes.

L’Allemagne est consciente que sa position de 1ère puissance économique en Europe s’accompagne de responsabilités envers l’afflux de réfugiés. Durant la crise des réfugiés en 2015, elle avait d’ailleurs accueilli 1 million de réfugiés en provenance des Balkans, un chiffre record. Elle avait aussi dépensé 23 milliards d’euros pour l’accueil des migrants en 2018. 

Cette attitude peut s’expliquer en partie par l’universalisme de la société allemande. Ce terme signifie que les règles et les droits s’appliquent à tous, dans un principe égalitariste. L’Allemagne tient également au statut acquis en opposition au statut attribué. Le statut est le résultat d’une action, acquis par le travail et les efforts d’intégration, et on juge sur les compétences plutôt que sur les titres. Ainsi, c’est l’attitude des migrants qui détermine le degré d’acceptation dans la société allemande. 

En Allemagne, la réussite des objectifs dépend du travail de chacun et des efforts de groupe. C’est pourquoi les chefs d’Etat allemands comprennent peu l’attitude réfractaire des pays de l’Est, pour qui l’homogénéité est un symbole fort. 

La Hongrie, réticente à toutes mesures

En effet, moins de 1,5% de la population est étrangère en Hongrie. L’opinion publique est très fermée à l’accueil de migrants. Le gouvernement, en fort désaccord avec la politique migratoire européenne, a récemment menacé de bloquer une position de coopération entre l’UE et la ligue arabe. Le refus d’une solidarité avec l’UE sur la question de l’asile politique est catégorique. 

Nous ne traiterons pas ici les facteurs politiques puisque ce n’est pas l’objet de cette étude. Mais ce comportement hongrois peut aussi s’expliquer par des facteurs culturels. 

En effet, la société hongroise est très masculine. Cela signifie qu’elle est moins dans la recherche de l’harmonie que l’Allemagne. La Hongrie se voit comme une perdante dans la question de la migration, car son développement économique est bien moindre que celui de ses voisins de l’Ouest.

Elle ne cherche pas une relation consensuelle mais à défendre ses idées et à montrer son désaccord avec la politique actuelle européenne qu’elle trouve trop généreuse. Ce trait explique ses multiples refus catégoriques et ses menaces d’arrêt de collaboration. En effet, compétitrice, la Hongrie n’hésite pas à utiliser toutes ses cartes pour faire entendre ses valeurs. 

La Hongrie étant une société emprunte d’individualisme, ses dirigeants cherchent avant tout à résoudre les problématiques de leur pays. Cela explique leur manque d’engagement dans la coopération de l’Union européenne. 

Enfin, les deux pays se heurtent à une vision opposée de voir l’avenir.

L’Allemagne a une forte orientation long terme et voit l’augmentation des flux migratoires comme inévitable. Au contraire, la Hongrie a une orientation court terme. Elle préfère se concentrer sur les problématiques actuelles de son pays, telles qu’une crise des naissances. 

Les raisons de ce clivage sont avant tout historiques et politiques. Cependant les comportements de ces deux pays s’expliquent en partie par des facteurs culturels, qui viennent alimenter le conflit épineux des politiques d’accueil en Europe. 

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Crédit photo: Freepik

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Moi c'est Célia ! J'ai toujours été attirée par les cultures étrangères. Après mon Master en Négociation Internationale et Interculturelle et mon année d'étude au Japon, j'ai décidé de me spécialiser dans ma passion; découvrir d'autres cultures. Je vous partage ici mes connaissances sur l'interculturalité et l'international. N'hésitez pas à me contacter pour voir comment je peux vous aider ou tout simplement pour discuter interculturalité !
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