Conception du temps

Rigidité des horaires au travail : conception du temps selon différentes cultures

Vous est-il déjà arrivé de commencer une réunion en retard de quelques minutes ?

Si vous êtes Français, l’extrême majorité de vos réunions débute probablement en retard…

C’est bien la preuve que nous sommes humains, pourriez-vous dire. Nous ne sommes pas des machines qui débutent leurs tâches à la minute près !

Et pourtant, des individus de certaines cultures pourraient être exaspérés de ce retard « d’une dizaine de minutes à peine ». Tout comme d’autres pourraient vous rejoindre en réunion une bonne demi-heure plus tard…

La rigidité sur les horaires est l’une des plus importantes sources de malentendu au travail, notamment dans les entreprises internationales.

Ce rapport au temps changeant a été théorisé par Edward T. Hall, l’un des précurseurs de la recherche sur l’interculturel.

Cet anthropologue américain a différencié les cultures selon le principe de monochronisme et polychronisme.

Cultures polychroniques : le temps est flexible et cyclique 

Pour les cultures polychroniques, le temps est perçu comme flexible et circulaire. Les horaires et les dates limites sont floues et il est courant d’effectuer plusieurs tâches en même temps. Le temps est rarement considéré comme « perdu » et les individus sont engagés dans plusieurs événements et relations en même temps. Ils mélangent temps de travail et temps personnel, et apprécient discuter de leurs famille, du dernier match, ou du temps, lors de réunions professionnelles.

Plus qu’une habitude, cette pratique est bien souvent l’occasion de tisser un lien entre les interlocuteurs. Couper court à ces discussions qui peuvent nous sembler insignifiantes peut être perçu comme impoli et même comme un manque de considération par l’individu pour qui la confiance passe par cet aparté intime. Les cultures d’Afrique, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Asie (à l’exception du Japon) sont considérées comme polychroniques.

Cultures monochroniques : le temps est linéaire

Pour les cultures monochroniques, le temps est perçu de façon linéaire, et l’organisation est cruciale. Les tâches sont effectuées les unes après les autres. Les individus des cultures monochroniques sont plus organisés mais tendent à éprouver des difficultés à faire plusieurs choses à la fois. Les cultures occidentales sont généralement monochroniques, notamment les cultures anglosaxones, germaniques et nordiques. Les cultures européennes latines le sont un peu moins ; un Français sera considéré comme de culture polychronique pour un Américain. Cependant, il sera vu comme appartenant à une culture monochronique par un Sénégalais, un Thaïlandais ou un Egyptien.

Les peuples occidentaux sont cependant généralement tous perçus comme monochroniques. Leur conception du temps est rigide. Passé, présent et futurs sont clairement délimités. Les cultures monochroniques accordent en général plus d’importance aux résultats plutôt qu’aux relations, et ont une vie assez « compartimentée ».  Contrairement aux cultures polychroniques, les individus polyvalents sont considérés comme disparates, et ce sont ceux qui excellent un domaine qui sont les plus reconnus. Ce sont souvent des populations qui effectuent de rapides progrès techniques et des résultats tangibles, mais qui ont des difficultés à lier passé, présent et futur. 

Avant de juger notre interlocuteur, il est donc crucial d’analyser les spécificités de sa propre culture et de faire un effort de compréhension de sa perception du temps !

La communication comme outil pour résoudre les conflits liés au rapport au temps

Bien souvent, afin de régler ce type de différends, une communication directe et assertive, qui expose son point de vue sans agresser ou diminuer l’autre, est clé. Il s’agit ici d’expliquer les différences culturelles sans jugement et de trouver ensemble un compromis. 

Votre employé arrive-t-il toujours en retard le matin ? Oui, mais reste-t-il plus tard le soir ? 

Votre collaborateur bavarde-t-il longtemps avec ses prospects de sujets personnels ? Oui, mais son pourcentage de ventes est-il élevé ? 

Votre partenaire vous met-il une pression quant à la ponctualité et à la rapidité de vos réunions ? Oui, mais n’est-il pas efficace et ne donne-t-il pas les réunions les plus performantes ?

Prenez aussi le temps de réfléchir sur votre propre culture et de réaliser que votre conception du temps peut être problématique pour l’autre, tout au tant que la sienne l’est pour vous.

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le partager et à le commenter !

Crédit photo : Annca Pictures

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Moi c'est Célia ! J'ai toujours été attirée par les cultures étrangères. Après mon Master en Négociation Internationale et Interculturelle et mon année d'étude au Japon, j'ai décidé de me spécialiser dans ma passion; découvrir d'autres cultures. Je vous partage ici mes connaissances sur l'interculturalité et l'international. N'hésitez pas à me contacter pour voir comment je peux vous aider ou tout simplement pour discuter interculturalité !
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